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Les dérives sectaires de la psychothérapie |
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L'air du temps
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Mais quelle époque troublée !
Les deux ogres mondiaux assoiffés de pétrole que sont la Chine et les U.S.A. s'apprêtent
à entrer en conflit ouvert. Et, pour faire bonne mesure, n'oublions pas l'Inde, le Brésil et tous les
autres dont l'Europe, contraints par le jeu des alliances et de leur propres besoins à ne pas pouvoir rester
indifférents, silencieux et les bras ballants.
La mousson ne sera bientôt plus qu'un souvenir de Paradis perdu : la Terre se désertifie et
dans seulement vingt ans, la superficie des régions arides aura doublé (de 20, actuellement, à
40 %) et ce, quoique l'Homme se décide enfin à faire ; les peuples d'Afrique ont déjà commencé à se ruer
vers les portes de l'Europe et les premières mesures isolationnistes ont vu le jour dans les institutions
politiques européennes.
Le monde arabo-musulman, détenteur d'une bonne part des réserves pétrolières mondiales et dans sa frange la plus extrémiste certes, n'est
pas de reste et réclame réparation, ce qu'il devrait savoir hélas impossible, pour les siècles d'arrogance et de
mépris affichés par notre monde judéo-chrétien. Cette demande de réparation, fortement teintée de religieux
face à nous qui ne croyons plus en rien, prend volontiers la forme d'une lutte à mort.
Cette situation géopolitique est au pire celle d'une fin du Monde annoncée, au mieux celle de la fin
d'un monde.
Les générations occidentales actuellement en vie sur terre n'ont pas été
éduquées en vue d'une destinée aussi inquiétante et marquée du sceau de l'insécurité.
Loisirs, plaisirs, beauté et santé à tout prix placardés sur tous les murs, la mort se refuse à nos
vues étriquées, notre finitude sort de la réalité. Dans un monde sans idéaux,
nous sommes tous des toxicomanes en puissance pour mettre du rêve en lieu
et place de cette réalité dans laquelle nous baignons pourtant, mettre du tangible manipulable
à souhait en lieu et place de ce qui nous échappe.
Que nous soyons héroïnomanes ou fumeurs assidus du petit joint vespéral qui délasse,
alcooliques, anorexiques ou boulimiques, "victimes de la mode" ou adeptes sous influence, les mécanismes
sont les mêmes : ce sont ceux qui président au développement d'une addiction.
Dans ce bain d'insécurité, la pression des demandes d'aide psychologique est devenue plus forte et cette pression a élargi des brèches
préexistant dans notre système de soins européen. Aujourd'hui, en deçà de savoir qui est dangereux ou non pour le consommateur
de soins psychologiques, c'est bien la légitimité au regard de la loi de ceux qui se posent en psy qui est en question.
C'est dans ce contexte qu'un coup de tonnerre éclate dans le ciel serein du
petit monde de la psychothérapie¹ quand, à l'initiative du député Bernard Accoyer, un texte de loi
destiné à réglementer l'usage du titre de psychothérapeute est promulgué le 9 août 2004. Il s'agit de
la Loi n° 2004-806 relative à
la politique de santé publique et de son article 52, surtout :
Le Titre de psychothérapeute
Article 52 de la LOI n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique :
« L'usage du titre de psychothérapeute est réservé aux professionnels inscrits au registre national des psychothérapeutes.
L'inscription est enregistrée sur une liste dressée par le représentant de l'Etat dans le département de leur résidence
professionnelle. Elle est tenue à jour, mise à la disposition du public et publiée régulièrement. Cette liste mentionne
les formations suivies par le professionnel. En cas de transfert de la résidence professionnelle dans un autre département, une nouvelle
inscription est obligatoire. La même obligation s'impose aux personnes qui, après deux ans d'interruption, veulent à nouveau faire usage du
titre de psychothérapeute.
L'inscription sur la liste visée à l'alinéa précédent est de droit pour les titulaires d'un diplôme de docteur en
médecine, les personnes autorisées à faire usage du titre de psychologue dans les conditions définies par l'article 44 de la loi
n° 85-772 du 25 juillet 1985 portant diverses dispositions d'ordre social et les psychanalystes régulièrement enregistrés dans les
annuaires de leurs associations.
Un décret en Conseil d'Etat précise[ra] les modalités d'application du présent article et les conditions de formation théoriques
et pratiques en psychopathologie clinique que doivent remplir les personnes visées aux deuxième et troisième alinéas.»
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Jusqu'alors, un vide juridique permettait à quiconque de s'auto-instituer psychothérapeute, visser sa plaque et
procéder à des psychothérapies payantes. Le laxisme, la défaillance de l'Etat avaient permis à de nombreuses écoles privées de se développer
sans aucun contrôle : « ces organismes se sont marginalisés, développant une culture de groupe imperméable
à la critique et référencée à un seul « Maître », exactement sur le modèle des sectes². ».
Le seul mot de "psychothérapie" recouvre quelques centaines de techniques, certaines farfelues et plusieures sujettes à caution voires dangereuses.
Certains ne s'embarrassaient même pas d'un encombrant cursus, allant jusqu'à revendiquer pour eux-même,
sur leur site internet, une absence totale de diplôme. Mais, bien sûr, ceci n'est plus de mise. Les temps
ont changé et la toute-puissance de ceux-là, à qui il manquera toujours non seulement cette légitimité
que confèrent les années d'études mais aussi le professionnalisme et la distanciation nécessaire à une relation thérapeutique, a trouvé un "cadre thérapeutique".
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¹ Petit monde où les uns traitent les autres de "meurtriers d'âmes"
² Marianne Gomez
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À propos de diplômes... Le C.E.P.
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Certaines associations de psychothérapeutes semblent avoir trouvé la parade sous la forme du
certificat européen de psychothérapie. Passant au-dessus
des lois nationales, elles s'arrogent le droit, pour la modique somme d'environ 250 €, de certifier des psychothérapeutes.
Comment le consommateur risque-t-il de s'y retrouver ?
Il existe sur internet foison de sites vantant une formation (sous la forme de séminaires de week-end) donnant droit à l'obtention de ce certificat.
Le fond de ce débat est bien de réfléchir sur l'information à apporter au public en souffrance psychique, le consommateur de soins, et sur les
moyens de lui éviter de devenir, pour des années durant, l'objet d'un psy non ou mal formé voire déviant et dangereux et aussi de
réfléchir à la formation à apporter aux psychothérapeutes.
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Une nébuleuse psy ?
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Les livres de Martine Maurer (psychologue clinicienne) :
– "Comment
choisir son psychothérapeute ?", nous en apprend sur les psychothérapeutes déviants et les acteurs pervers, parfois bien malades, de
ce vaste champ de la psychothérapie, source de tant d'enjeux actuels...
– "Psychothérapie, démocratie et loi"
montre comment la perversion du système met en péril la démocratie-même.
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Pour en savoir plus !
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Ces sites sont régulièrement mis à jour :
Le site "Psychothérapie vigilance" de Guy Rouquet : http://www.psyvig.com/,
très à l'affût des techniques déviantes autant que des personnalités pathologiques à l'uvre dans cette nébuleuse.
Celui de Mathieu Ph. Cossu, "Prévensectes", plus généralement préocuppé par les mouvements sectaires :
http://www.prevensectes.com/
Le site de notre ami Robert Labrosse, se définissant lui-même comme "pair aidant bénévole" et apportant une aide
désintéressée autant qu'acharnée à ses pairs états-limites, eux aussi
proies de choix de psy déviants et pervers :
http://www.personnalitelimite.org/
L'association SOS-THERAPIRES (parce que le remède ne devrait jamais être pire que le mal...)
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Avril 2006 : les réactions à l'avant-projet du décret d'application de la loi du 9 août 2004 (et de son article 52) du Ministre de la
santé, Xavier Bertrand, sont vives et unanimes...
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L'avant-projet lui-même (document Word).
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Le Communiqué de presse de la présidente de
l'UNADFI (Union Nationale des Associations de Défense des Familles et de l'Individu) s'insurgeant
contre l'inanité de cet avant-projet en porte-à-faux des précédents.
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La Fédération Française des Psychologues et de Psychologie, parce qu'elle trouve inacceptables ces dispositions,
convoque les journalistes à une conférence de presse.
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Cet article de "La Croix", relayé par Prévensectes,
Pseudo-thérapeutes et lutte anti-sectes, résume la problématique actuelle.
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Le rapport 2005 de la MIVILUDES (Mission Interministérielle
de Lutte contre les Dérives Sectaires) et de son récent nouveau président, le Préfet Jean-Michel Roulet, tombe à point-nommé.
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Le député Georges Fenech résume les trois axes
d'action privilégiées de la MIVILUDES.
Ce rapport ouvre une voie d'action dans une direction qui nous touche de près aussi, celle des organismes
de formation qui ont d'ailleurs déjà entrepris de gratter à la porte des hôpitaux psy.
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Août 2006 : de futurs psychothérapeutes au C.H.S.
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- Une élève aide-soignante en stage de formation dans un service de psychiatrie adulte a vu son stage être interrompu : elle
était très intruse avec les patients ou l'équipe soignante, visiblement pas à sa place et avec un problème de distance et de
limites. Elle a dit elle-méme avoir conscience de n'être pas faite pour "ça".
Entre autre, elle a réfuté avec force pour un de nos jeunes patients (pourtant hospitalisé dans un état d'angoisse dissociative
avancée qui a nécessité l'isolement) le diagnostic de schizophrénie paranoïde pourtant avéré, posé
il y a de de nombreuses années.
Elle s'était confiée au cadre de l'unité : elle sera psychothérapeute.
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- Une mystérieuse stagiaire a suivi un chef de service d'un service de psychiatrie adulte durant trois semaines.
Très agréable de contact mais ses réponses aux questions d'usage (d'où venez-vous, que faites-vous, ah bon ce stage ?)
n'ont jamais été claires. Tout au plus, à plusieures reprise ont été prononcés les mots "psychologie du
développement"...
Nous avons finalement pu apprendre qu'elle suivait une formation de psychothérapeute à Paris : Savoir Psy.
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Octobre 2006 : branle-bas de combat pour les "syndicats" de psychothérapie !
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la dernière mouture du décret d'application de l'article 52
de la loi n°2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique est disponible depuis quelques jours.
La version d'avril dernier stipulait par exemple dans son article 6 :
« Article 6 - En application du dernier alinéa de l'article 52, les professionnels, souhaitant user du titre de psychothérapeute et
visés aux 1 et in de l'article 3 du présent décret doivent avoir validé une formation théorique et pratique en
psychopathologie clinique conforme au cahier des charges fixé par arrêté du ministre chargé de la santé.
(Cette formation peut être confiée à l'université ou à des organismes passant convention avec l'Université ».
Alors que les choses se précisent dans cette dernière mouture :
« Article 6 - Le cahier des charges mentionné à l’article 5 définit les modalités de la
formation en psychopathologie clinique. Il vise à permettre aux personnels souhaitant user du
titre de psychothérapeute d’acquérir :
- une connaissance des fonctionnements et des processus psychiques ;
- une capacité de discernement des grandes pathologies psychiatriques ;
- une connaissance des différentes théories se rapportant à la psychopathologie ;
- une connaissance des principales approches utilisées en psychothérapie.
Ce cahier des charges prévoit une formation théorique d’une durée de 500 heures et un stage
pratique d’une durée minimale de 500 heures, fractionnable en tant que de besoin, dans un
établissement de santé ou un établissement médico-social accueillant des patients atteints de
pathologies psychiques. Il fixe notamment les pré-requis, les conditions d’accès et les
modalités de cette formation. »
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[À suivre]
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